Histoire de l'Allemagne:
Vers le VIe siècle avant Jésus-Christ, ce qui forme aujourd'hui le territoire de la RFA était peuplé en majorité de Celtes. Au cours des siècles suivant, des tribus germaniques, sans doute originaires de Scandinavie s'installèrent progressivement dans un territoire couvrant approximativement les Pays-Bas, l'Allemagne du Nord et une partie de la Pologne actuels.
Les germains représentèrent un danger pour l'Empire romain. Autour de 110 avant Jésus Christ, les Cimbreset les teutons, peuples sans doute originaires du Danemark, envahirent la Narbonnaise et infligèrent de graves défaites. Plus tard, lorsque les romains possèdèrent la Gaule, les peuples germains limitrophes furent pour eux un sujet récurrent d'inquiétude. Les écrits latins constituent une source précieuse d'information sur les moeurs et les institutions des germains, la Germanie, oeuvre de l'historien du premier siècle Tacite est particulièrent riche d'enseignements, même si Tacite n'alla jamais lui même en Germanie.
La langue des germains est à l'origine de l'allemand actuel.
Article détaillé : Germains.
Le royaume franc (Ve-Xe siècles) [modifier]
La fin de l'Empire romain: l'extension germanique [modifier]
Après un siècle et demi de pression sur les frontières romaines, des tribus ou fédérations de peuple, drainant sans doute en grande partie des réfugiés, à savoir les Vandales, Burgondes, Alamans et Saxons, traversèrent le Rhin en 410 et pillèrent les régions occidentales de l'Empire. Alors que l'Empire romain se germanisait en accueillant un nombre important de ces barbares à son service pour lutter contre d'autres, nouveaux-venus plus menaçants, et tandis que la situation économique et sociale romaine se dégradait, certains chefs germains, tels le Vandale Stilicon, surent se hisser aux plus hautes dignités impériales.
À la fin du IVe siècle et au Ve siècle, certaines de ces peuplades germaniques établirent des royaumes plus ou moins éphémères dans les régions de l'Empire romain qui correspondent actuellement à l'Angleterre (les Angles et les Saxons), à la France (Francs et Burgondes), à l'Espagne (Wisigoths) et même à la Tunisie (Vandales). Le Royaume des Francs, devenu chrétien dès la fin du Ve siècle, s'étendit sur ce qui est maintenant la France le Bénélux et l'Ouest de l'Allemagne. Il fut dominé par les souverains mérovingiens, puis, à partir de 750, carolingiens.
L'Empire de Charlemagne [modifier]
Article détaillé : Germanie franque.
L'empire carolingien et son extension en Germanie.Sous les règnes de Charlemagne (du latin Karolus Magnus, c'est-à-dire Charles le Grand), le troisième souverain carolingien, les Francs annexent la Bavière en 788-794 et la Basse-Saxe en 804 après une longue guerre contre les Saxons.
Charles fut couronné Empereur des Francs et des Romains en 800, principalement à l'instigation du pape et en raison de la pression qu'exerçait sur Rome une autre peuplade germanique arrivée tardivement et convertie à l'Arianisme : les Lombards. Le royaume des Francs couvrait alors la majeure partie de la France et de l'Allemagne, formant la base des deux futures nations.
Dans le même temps, le centre du pouvoir s'était déplacé vers l'Est (de l'Austrasie, région de Trèves et berceau des Austrasiens, jusqu'à la Saxe nouvellement conquise et à peine pacifiée), préfigurant le fait que l'Empire allait survivre en Germanie. Charlemagne fit d'Aix-la-Chapelle le centre politique de son empire.
Articles détaillés : duché de Saxe et Germanie franque.
L'Allemagne médiévale (Xe, XVIe s) [modifier]
Le partage de Verdun de 843 entre les trois fils de Louis le PieuxAprès la mort de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, l'Empire caroligien est divisé en trois lors du partage de Verdun en 843. Louis le Germanique reçoit la Francie orientale à l'origine de l'Allemagne. Un an avant, le 14 février 842, à Strasbourg, Louis le Germanique et son jeune frère, Charles le Chauve se prêtent serment d'assistance mutuelle dans leur lutte contre leur frère ainé Lothaire, héritier principal de Louis le Pieux. Ce serment est prononcé par Louis le Germanique en langue tudesque (l'ancêtre de l'allemand). C'est le plus ancien texte conservé en ancien allemand.
Après la mort du dernier dirigeant de la lignée de Charlemagne à l'est en 911, la royauté passe d'abord à Conrad puis en 919 à Henri l'Oiseleur, fondateur de la dynastie saxonne. Son fils, Othon Ier le Grand est couronné empereur (en allemand, Kaiser, qui dérive de César) en 962. Son empire comprend, outre l'Allemagne, l'Italie et la Bourgogne. Dès sa fondation, ce nouvel empire, le Saint Empire romain germanique » (Heiliges Römisches Reich deutscher Nation) est entravé par le peu d'institutions sur lesquelles l'empereur peut assoir son autorité, la faiblesse des revenus, les empereurs ne disposant que de leurs propres domaines pour financer leur politique. De plus le choix de l 'empereur n'a toujours dépendu que de l'élection des princes allemands, dont le nombre s'est peu à peu réduit et du couronnement par le pape à Rome. Conscient de ce problème Othon 1er transforme les ducs en vassaux qui sont à son entière disposition et s'appuie sur le clergé pour administrer l'Empire. Il prend l'habitude de nommer les évêques à qui il donne l'investiture temporelle et spirituelle. Ses successeurs poursuivent sa politique. Leur qualité d'empereur romain leur permet même de désigner les papes.
Au XIe s, cependant, l'Eglise catholique cherche à s'émanciper de la tutelle impériale. Profitant de la minorité de l'empereur Henri IV, le pape Nicolas II décide en 1059 de réserver l'élection de pape au seuls cardinaux. En 1075, le pape Grégoire VII interdit les investitures laïques. Il se heurte à Henri IV soucieux de continuer à contrôler les evêques à qui il a donné des pouvoirs régaliens. Celui-ci risposte en faisant déposer le pape par un concile à sa dévotion. Grégoire VII délie les sujet d'Henri IV de leur serment de fidélité. Les princes allemands en profite pour se révolter. Pour retrouver son pouvoir, Henri IV doit faire pénitence à Canossa en 1077. La querelle des investitures a entrainé plusieurs rebellions des grands contre l'empereur.
Le délitement du pouvoir impérial est accentué par l'obsession de certains empereurs à vouloir établir une autorité forte dans leurs possessions italiennes. Au XIIIe siècle, Frédéric II est tellement occupé par ses affaires italiennes qu'il renonce à tout pouvoir et tout contrôle dans les nombreuses principautés ecclésiastiques allemandes et qu'il abdique une grande partie de ceux-ci dans les principautés laïques. De ce fait les terres allemandes sont pratiquement indépendantes du pouvoir impérial dès cette époque. Sous l'impulsion de grands seigneurs comme le duc de Saxe, l'Est et le Nord de l'Allemagne sont colonisés entre le XIIe siècle et le XIVe siècle. Des centaines de milliers d'Allemands de l'Ouest poussés par la surpopulation migrent vers l'Est où des tenures plus vastes et des droits féodaux plus légers les attendent. Les villes rhénanes et les ports se développent mais prennent une par peu active au grand commerce européen au XIIe siècle.
Les Temps modernes [modifier]
Le temps de la Réforme [modifier]
En 1493, Maximilien de Habsbourg devient empereur. Ce prince habile et intelligent reforme à son profit l'empire bourguignon. Il unit son fils, Philippe le Beau à Jeanne, l'unique héritière de souverains espagnols. Il marie ses petits enfants aux héritiers du royaume de Bohême et de Hongrie. La puissance des Habsbourg est en grande partie due à une habile politique matrimoniale. En Allemagne, il parvient à unifier ses états héréditaires, prémices de la formation de l'Empire d'Autriche. Mais il échoue à étendre son autorité sur toute l'Allemagne. Chacun de quelques 350 Etats reste maitre chez lui. A la mort de Maximilien en 1519, deux candidats se disputent le titre d'empereur, François Ier de France et Charles Quint, fils du défunt empereur et déjà roi d'Espagne. C'est finalement ce dernier qui l'emporte.
Sur le plan économique, le XVIe siècle naissant est celui du triomphe des villes marchandes et de la bourgeoisie d'affaires. L'exemple le plus frappant est celui de la famille Fugger, une famille de banquiers d'Augsbourg qui finance Maximilien et Charles Quint, obtient en échange des avantages commerciaux considérables. Par contre, le pouvoir d'achat de petits nobles s'érode. Les paysans s'appauvrissent à cause du poids des taxes féodales, du morcellement des tenures et de l'endettement croissant.
La question religieuse domine le XVIe siècle. En 1517, un moine et théologien allemand Martin Luther enflamme l'Allemagne en publiant à Wittenberg les 95 thèses où il critique vertement le pape et la vente des indulgences. Bien qu'il ait été excommunié par le pape Léon X en 1521 et mis au ban de l'Empire par le jeune empereur Charles Quint en 1521, ses idées progressent en Allemagne. Les paysans d'Allemagne du sud, croyant qu'arrive l'âge d'or où ils n'auront plus d'impôts à payer se révoltent contre leurs seigneurs. Les petits chevaliers profitent de l'agitation pour piller les biens des prélats et des riches bourgeois. Ces deux révoltes sont écrasées par les princes avec l'approbation de Luther. Les princes électeurs de Saxe, Palatinat, Brandebourg, le Langrave de Hesse, de nombreuses villes libres se convertissent au Luthéranisme et confisquent à leur profit les biens de l'Église catholique. Albert de Brandebourg, un prince allemande de la famille des Hohenzollern, grand maître de l'ordre teutonique se fait luthérien et s'attribue les immenses bien de l'ordre en Prusse. Il prend le titre de duc de Prusse en 1527. En mars 1531, les peinces allemands forment une alliance contre l'empereur, la Smalkalde[1]. Devant l'impossibilité de concilier les deux partis, Charles Quint décide d'employer la force contre les princes luthériens à partir de 1546. Il met au bande l'Empire l'électeur de Saxe et le landgrave de Hesse. Les Protestants subissent une cuisante défaite à Muhlberg en Saxe en 1547. Il obtiennent alors l'appui du roi de France Henri II. Charles Quint laisse son frère, le futur empereur Ferdinand Ier signer la paix d'Augsbourg en 1555. Les sécularisations déjà accomplies de biens de l'Église catholiques sont entérinées mais il est interdit à l'avenir de confisquer les biens de l'Église catholique. Les princes et les villes libres ont le droit de choisir leur religion mais les sujets sont obligés de professer la même religion de leur souverain, d'où l'adage: Tel prince, telle religion. Les deux-tiers de l'Allemagne sont devenus protestants. Charles Quint abdique en 1556. Son fils Philippe II reçoit l'Espagne et l'héritage bourguignon. Son frère Ferdinand reçoit les possessions autrichiennes et la couronne impériale. Ce dernier n'hésite pas à faire des concessions aux princes protestants quand l'intérêt de l'Empire l'exige. Après la mort de Ferdinand Ier en 1564, ses successeurs laissent l'autorité impériale s'affaiblir. De ce fait les sécularisations de biens de l'Église catholiques continuent malgré les clauses de la paix d'Augsbourg. De plus, la religion calviniste fait des progrés spectaculaires en Allemagne dans le dernier quart du XVIe siècle. Ces derniers réclament les mêmes avantages que les Luthériens.
Sur le plan économique la seconde moitié du XVIe siècle est marquée par la hausse des prix. Il existe plusieurs explications à ce phénomène. L'Espagne, qui a beaucoup emprunté aux Fugger, fait plusieurs fois banqueroute en 1557, entraînant dans son sillage la faillite de la banque d'Augsbourg en 1557. La monnaie se dévalue à cause de l'afflux d'or et d'argent du nouveau monde puis de l'altération des monnaies existantes, et ce jusqu'en 1623. La seconde explication est la forte croissance démographique qui raréfie et renchérit les denrées. Les villes de la Hanse sauf Hambourg déclinent lentement face à la concurrence des Provinces-Unies. Francfort devient cependant le principale centre de foires de l'Allemagne du sud-ouest.
La guerre de Trente Ans [modifier]
Entre 1606 et 1609, deux ligues se forment en Allemagne: l'Union évangélique protestante et la Sainte Ligue catholique[2]. De plus le nouvel empereur Habsbourg, Ferdinand II effraie les princes protestants. C'est un catholique intransigeant, il veut transformer ses couronnes électives en couronnes héréditaires et veut faire du Saint empire, un vaste Etat centralisé. La guerre commence en 1618, avec la révoltes de l'aristocratie protestante de Bohême contre Ferdinand II. L'empereur les bat rapidement et confisque les biens de l'électeur palatin, calviniste, qui les avaient soutenus. L'intervention du roi du Danemark, Christian IV est un échec. L'empereur en profite pour promulguer en 1629 l'édit de Restitution qui lèse les intérêts des princes d'Allemagne du Nord.
Les princes allemands inquiets parviennent à convaincre le roi Gustave II Adolphe de Suède d'intervenir à partir de 1630. Après la victoire de Breitenfeld en 1631, les troupes suédoises libèrent l'Allemagne du Nord et entre en Allemagne du Sud. Mais le roi de Suède tué lors de la bataille de Lützen le 6 novembre 1632. Les Suédois sont battus en 1634. Ferdinand II propose aux princes allemands une paix de compromis. C'est alors que la France entre dans le conflit à l'appel de princes allemands alliés. . Richelieu veut abattre coûte que coûte la puissance des Habsbourg qui représentent à ses yeux un danger mortel pour la France. A partir de 1640, les difficultés intérieures de l'Espagne des Habsbourg permettent à la France et la Suède de reprendre l'avantage. En 1648, la maréchal de Turenne alliés aux Suédois bat une armée impériale en Bavière et s'avance vers Vienne. Quelques mois plus tard la paix est signée.
Les Traités de Westphalie consacrent l'échec des ambitions des Habsbourg d'Autriche et l'affaiblissement définitif de l'autorité impériale en Allemagne.Les clauses de la paix d'Augsbourg de 1555 sont confirmées. Les calvinistes peuvent bénéficier de ses avantages. Les pouvoirs de 350 Etats allemands sont renforcés. Le duc de Prusse reçoit la Poméranie orientale, et les évêchés sécularisés de Minden, Halberstadt, et Magdeburg[3].
La guerre a causé des ravages immenses. La population à diminué de près de 50%. Les armées qui sillonnent l'Empire amènent avec elles les épidémies, la premier cause mortalité pendant la guerre de Trente Ans. Elles amènent aussi la famine car elles se nourrissent sur le pays, ne laissant rien à manger aux populations occupées. La forte baisse de la nuptialité et de la natalité contribue aussi au dépeuplement. Enfin certains préfèrent émigrer pou fuir les troubles.
La Révolution française et l'Allemagne [modifier]
Les annexions à l'Empire français en 1811 sont représentées en jaune.En 1789, la Révolution française est admiré par le monde intellectuel et universitaire: les poètes Klopstock et Goethe, le philosophe Kant, s'enthousiasment devant la Déclaration des droits de l'homme. Dès 1792, quand la France envahit la rive gauche du Rhin, les sentiments envers la Révolution changent. Le sentiment national, à l'origine l'apanage des intellectuels, se popularise avec l'annexion de la Rhénanie par la France. En 1803, le premier consul, Napoléon Bonaparte réorganise le Saint Empire qui passent de plus de 300 Etats à une centaine. Toutes les principautés ecclésiastiques sont supprimées, ce qui renforce le protestantisme. Le 6 août 1806, le dernier empereur du Saint Empire romain germanique, François II se soumet à un ultimatum de Napoléon Ier. Il renonce à la couronne impériale et délie tous les Etats allemands de leur fidélité.[4]
Sous l'Empire le blocus continental contre le Royaume-Uni pousse Napoléon Ier à annexer un grande partie des Etats allemands: Hambourg, Brême, Münster, Aix-la-Chapelle, Mayence et Coblence sont des chef-lieux de départements français. Mis à part la Prusse, tous les dirigeants des Etats restés indépendants sont à la solde de la France. La présence française est source de mécontentement. Les armées françaises présentes sur le territoire vivent de réquisitions. Le blocus continental limite les échanges commerciaux même si il permet le développement de la production de charbon dans la Ruhr en remplacement des importations anglaises. Le nationalisme allemand naît de la défaite française en Russie. L'anéantissement de la grande armée lors de la retraite de Russie provoque une guerre de libération qui s'achève avec le retrait français en novembre 1813 après la défaite de Leipzig.
Les transformations du XIXe siècle [modifier]
Les évolutions politiques [modifier]
Après le congrès de Vienne (novembre 1814-juin 1815), le défunt empire est remplacé par la Confédération germanique ("Deutscher Bund") qui regroupe 39 Etats sous la direction honorifique des Habsbourg qui ne porte plus que le titre d'empereur d'Autriche. En fait cette confédération ne peut fonctionner que dans le cas d'une entente entre la Prusse et l'Autriche. Mais l'Empire des Habsbourg ne compte que 6,5 millions d'Allemands sur 20 millions d'habitants et poursuit une politique d'extension territoriale vers le monde slave. Dès lors la Prusse, linguistiquement homogène, apparaît comme le seul élément moteur du sentiment national allemand.
L'impuissance de la confédération contribue à l'apparition du romantisme historique, un courant de pensée qui idéalise le Moyen Âge et rêve de l'établissement d'une société d'ordres très structurée dans laquelle chaque individu serait susceptible de s'épanouir. Celui-ci contribue au renouveau du catholicisme allemand mais n'a que peut d'influence sur l'évolution politique des Etats. Il n'en est pas de même pour le courant libéral et national. S'inspirant des modèles français et britanniques pour réclamer une constitution avec un parlement élu au suffrage censitaire et des libertés individuelles garanties par l'État. Les trois États du Sud leur donnent satisfaction en 1818 et 1819. Les partisans de l'unité allemande fustigent la faiblesse de la Confédération qui n'a aucun poids sur la scène internationale et qui dépend du bon vouloir de ses deux "grandes puissances". Jusqu'en 1840, il recrutent ses membres presque exclusivement dans les milieux universitaires puis s'étend aux libéraux qui veulent conjuguer nation allemande et liberté.
Le printemps de peuples dans les États allemands [modifier]
La révolution de 1848, dite révolution de mars à BerlinEn 1848, à la nouvelle des révolutions parisiennes et viennoises, l'Allemagne s'embrase. Les révolutionnaires soutiennent des revendications d'unité nationale, de liberté et de démocratie. Quelques patriotes réunis à Heidelberg, dans le duché de Bade, décrètent l'élection d'une assemblée constituante élue au suffrage universel et concernant tous les Allemands. Les dirigeants des 39 Etats, déstabilisés par les mouvements révolutionnaires laissent faire. L'assemblée se réunit à Francfort et décide en janvier 1849 de transformer la confédération germanique en un Etat fédéral avec un empereur à sa tête. Pour les députés, les autrichiens germanophones doivent faire partie de cette union. C'est sans compter sur la Prusse qui ambitionne de réaliser l'unité allemande à son profit et suscite un parti de la petite Allemagne, c’est-à-dire sans l'Autriche, qui emporte finalement la décision.
Pendant le même temps, à Berlin, la révolution éclate le 18 mars 1848. Après des batailles de rues entre les révoltés et l'armée, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV promet de retirer ses troupes. Il réunit une assemblée constituante en mai 1848 mais la dissout par la force en décembre de la même année, quand les rapports de force se sont inversés. Frédéric-Guillaume IV ne veut tenir son pouvoir que de lui même ou de la guerre. Il refuse d'ailleurs la couronne que lui propose le parlement de Francfort, ce qui provoque sa dispersion. Frédéric-Guillaume IV propose alors, en vain, une union allemande avec, d'une part, l'Empire d'Autriche et, d'autre part, un Empire allemand dont il serait le souverain. L'Autriche refuse et même sa tentative d'établir une union restreinte de la Prusse et des petits états se heurte à l'hostilité internationale. Les révolutions de 1848 échouent à faire l'unité allemande mais la plupart des états allemands concèdent des constitutions qui donnent satisfaction à la bourgeoisie libérale.
Les étapes de l'unité allemande [modifier]
Article détaillé : Unité allemande.
Dans les années 1850, la Confédération germanique s'industrialise. Le Zollverein (union douanière), le constitution d'un réseau ferré nécessairement transfrontalier, l'adoption d'une monnaie de compte unique par presque tous les états de la Confédération sont autant d'éléments d'une unité économique qui précède l'unité politique autour de la Prusse. Le courant unitaire qui était peu actif depuis l'échec du parlement de Francfort renaît en 1859. Le Nationalverein (union nationale) reprend largement les idées développées en 1848. Mais l'unité allemande est largement l'oeuvre d'Otto von Bismarck. Ce noble prussien aux opinions très conservatrices représente la Prusse à la diète de Francfort de 1851 à 1859. Il en acquiert la conviction qu'il n'y a pas de place pour deux puissances en Allemagne. Il pense que tôt ou tard l'affrontement se produira entre les deux états. C'est Guillaume Ier, roi de Prusse depuis 1861 qui l'appelle au poste de minister président (premier ministre) en 1862 pour résoudre le conflit entre le Landstag, le parlement prussien, et le roi au sujet de la réforme de l'armée. Il instaure un gouvernement autoritaire et gouverne pas décret, ce qui permet l'organisation d'une armée nombreuse, efficace et bien armée. En effet,"le fer et le sang" sont pour Bismarck les moyens de réaliser l'unité allemande par le haut, c'est-à-dire sans le consentement des peuples.
La courte guerre des Duchés en 1864 est la première étape de l'unité allemande. Le Schleswig, peuplé d'Allemands et le Holstein, peuplé à la fois par des Allemands et des Danois sont des propriétés personnelles du roi du Danemark sans faire partie de son royaume. En 1863, ce dernier les incorpore à son royaume. Ceci entraîne une guerre de la Confédération germanique menée par la Prusse et l'Autriche contre le Danemark en 1864. La rapide victoire permet à l'Autriche d'obtenir l'administration du Holstein et à la Prusse celle du Schleswig. Pour Bismarck, cet arrangement est provisoire. Il attend le moment propice pour affronter l'Autriche. Après s'être assuré la neutralité bienveillante de la France et l'alliance italienne grâce à l'entremise française, la Prusse multiplie les provocations à l'égard de l'Autriche et, sous un prétexte futile envahit le Holstein. Dans la guerre austro-prussienne qui s'ensuit, l'Autriche, bien que bénéficiant du soutien de la la Confédération germanique, est sévèrement battue à la bataille de Sadowa le 3 juillet 1866. Quand l'armistice est signée le 22 juillet 1866, les armées prusssiennes ne sont plus qu'à 60 km de Vienne. La Prusse qui bénéficie toujours du soutien français annexe le Schleswig-Holstein, le royaume deHanovre, le duché de Nassau et la Hesse, ce qui permet à la Prusse d'avoir un Etat d'un seul tenant, de former la Confédération de l'Allemagne du Nord excluant l'Autriche et dans laquelle les Etats catholiques du sud de l'Allemagne refusent de rentrer. Aucun plébiscite n'est organisé pour s'assurer de l'accord de peuples concernés par les annexions. L'unification se fait bien par le haut.
Guillaume Ier et sa femme AugustaEn 1867, la Confédération d'Allemagne du Nord regroupe donc 21 Etats. Chaque Etat garde son gouvernement local mais il existe au dessus un gouvernement fédéral dirigé par le président, Guillaume Ier et le chancelier fédéral, Bismarck et comprenant deux chambres. Il existe une armée commune composée des armées de chaque membre. Pour achever l'unité allemande, le chancelier doit combattre les sentiments anti-prussiens des Etats du Sud. Les maladresses de Napoléon III lui permettent de dresser l'opinion publique de tous les Etats contre la France. En effet, après l'éclatante victoire de la Prusse, l'empereur des Français qui n'avait jusque là rien réclamé, demande des compensations pour sa neutralité, des territoires sur la rive gauche du Rhin d'abord, puis le Luxembourg. Bismarck a l'habileté de rendre publiques ces revendications qu'il qualifie de politique des pourboires.
proclamation de l'Empire allemand le 18 janvier 1871 dans la galerie des glaces de VersaillesEn 1870, une nouvelle pomme de discorde surgit entre les deux Etats. Les Espagnols qui ont chassé leur reine, proposent dans le plus grand secret le trône à Guilllaume de Hohenzollern-Sigmaringen, petit-cousin du roi de Prusse . Quand cette proposition est connue début juillet 1870, le France s'émeut. Elle ne veut pas d'un souverain prussien au sud. Dans un premier temps, Guillaume Ier assure à l'ambassadeur français, Benedetti qu'il ne s'opposera pas à un retrait de la candidature Hohenzollern en Espagne. Bismack, dépité, songe à démissionner. Mais la France s'obstine et demande la garantie officielle que le roi s'opposera à toute nouvelle candidature Hohenzollern. Guillaume éconduit l'ambassadeur et fait part de la rencontre dans un télégramme, la dépêche d'Ems, que Bismarck, qui n'en attendait pas tant, s'empresse de publier en durcissant le ton dans le but de provoquer la France. Les Etats allemands voient dans l'insistance française un désir de les humilier. La France, ulcérée par la publication du télégramme déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. La guerre franco-allemande commence. L'impréparation française la conduit au désastre alors que les Etats d'Allemagne du Sud acceptent dès novembre 1870 d'entrer dans la Confédération d'Allemagne du Nord et que l'Empire allemand est proclamé le 18 janvier 1871 dans la galerie des glaces du château de Versailles, jour anniversaire de couronnement du premier roi de Prusse à Koenigsberg en 1701. La défaite française a fini de sceller l'unité allemande. Le traité de Francfort est signé le 10 mai 1871. la France cède à l'Empire allemand le nord de la Lorraine et l'Alsace sauf Belfort. L'antagonisme franco-allemand naît de cette annexion. Il convient aussi de souligner que l’Empire allemand n’est pas rigoureusement un État-nation. Des Polonais, des Danois y sont englobés alors que les Allemands de l'Empire d'Autriche en sont exclus.
L'Empire allemand (1871-1918) [modifier]
Bien qu'il fut autoritaire sur beaucoup de sujets, l'empire permit la création de partis politiques et était très avancé socialement pour l'époque, du fait de la volonté de Otto von Bismarck de couper l'herbe sous les pieds des socialistes. Ce second Reich prospéra sous la direction de Bismarck jusqu'à la mort de l'empereur (1888). Son fils et successeur, Frédéric III, ne régna que 99 jours avant de décéder d'un cancer et de laisser la couronne au jeune et impétueux Guillaume II qui, ne s'entendant pas avec lui et étant souvent en désaccord sur la politique à mener, força Bismarck à démissionner en 1890.
L'Allemagne en 1871En Allemagne, le parti social-démocrate grandit progressivement jusqu'à devenir pour un temps le parti socialiste le plus puissant du monde, remportant un tiers des votes lors des élections de janvier 1912 au Reichstag (le parlement de l'Empire). Le gouvernement resta toutefois entre les mains d'une lignée de partis conservateurs, soutenus par le clergé catholique et très dépendants des faveurs du Kaiser.
Les transformations de l'économie et de la société [modifier]
En 1815, on compte 20 millions d'habitants dans la Confédération germanique, Autriche exclue. Ils sont 30 millions en 1840, 38 millions en 1850. Au total, la population allemande triple en un siècle. Cette forte augmentation de la population est dûe à un taux de natalité élevé tout au long du siècle et à une baisse progressive du taux de mortalité, comme dans la plupart des États européens (France exclue). Cette vigueur démographique entraine une forte émigration des Allemands principalement vers les États-Unis. Entre 1850 et 1870, les émigrants allemands représentent un quart des migrations européennes. Ce flux s'accentue à la fin du XIXe s.
Les États allemands sont touchés par l'industrialisation et l'urbanisation, même si la population en encore largement rural (64%) au moment de l'unité allemande. Le début du développement industriel date de 1850. Entre cette date et 1870, l'exploitation du charbon de la Ruhr connait une forte augmentation. Les industries textile et sidérurgique se modernisent. En 1865, la fondation de la Badische Anilin Soda Fabrik est à l'origine de la prépondérance de l'Allemagne dans l'industrie chimique. Les chemins de fer s'étendent: 600km de lignes en 1850, 11 000 en 1860 et 20 000 en 1870 Une monnaie de compte commune à tous les États allemands, le thaler d'union est créé en 1857 sur le modèle du thaler prussien. Le Zollverein, espace intérieur sans droit de douane créé à l'initiative de la Prusse, s'étend progressivement à tous les États allemands, sauf les villes hanséatiques, entre 1828 et 1858. L'union économique autour de la Prusse a largement précédé l'union politique.
Les victoires prussiennes de 1866 et 1870 sont celle d’une armée adaptée à la civilisation industrielle. le canon Krupp en acier et fusil Dreyse surclassant les armes autrichiennes et françaises. L'État-Major prussien est utilise efficacement les chemins de fer et le télégraphe. Cette armée prussienne moderne , Bismarck et son équipe l’ont voulue et construite avant la confrontation. La victoire dans la guerre austro-prussienne est finalement celle d’une puissance industrielle qui pèse de plus en plus lourd face à l’Autriche et même à la France qui connaît une industrialisation beaucoup plus limitée.
Vers la guerre [modifier]
À l'étranger, les efforts coloniaux allemands initiés en 1884 mais surtout relancés sous Guillaume II, motivés par la volonté affirmée de « se faire une place au soleil », n'aboutirent qu'à un petit empire d'outre-mer comparé à ceux du Royaume-Uni et de la France. La politique étrangère qui en découla (notamment des programmes et lois permettant la création d'une importante flotte de guerre en 1898 en 1900, mais aussi les crises provoquées sur la question marocaine) poussa le Royaume-Uni à s'associer à la France et à la Russie, déjà alliées, formant ainsi l'Entente.
L'Allemagne au XXe siècle [modifier]
La Première Guerre mondiale [modifier]
Le fragile équilibre des forces en Europe se rompit lorsque l'Autriche-Hongrie, alliée à l'Allemagne depuis 1879, déclara la guerre à la Serbie en juillet 1914 après l'assassinat à Sarajevo de l'héritier du trône autrichien. La Serbie était soutenue par la Russie, elle-même l'alliée de la France. Suivant l'ordre le mobilisation générale russe, l'Allemagne déclara la guerre à la France et à la Russie en une sorte de frappe préventive.
C'était le début de la Première Guerre mondiale. Malgré d'importantes victoires au début du conflit, l'Allemagne et ses alliés furent battu par l'Entente renforcée en 1917 par l'arrivée des États-Unis. Le Kaiser Guillaume II fut forcé de s'exiler en novembre 1918, poussé par une révolution menée par l'aile gauche des sociaux-démocrates et les communistes (spartakistes) - qui tentèrent plus tard (janvier 1919) leur propre révolution, qui échoua. À la tête de la délégation allemande Matthias Erzberger mène les négociations et signe le 11 novembre 1918 l'armistice à Rethondes.
L'Allemagne après le traité de Versaillesle 28 juin juin 1919, le Traité de Versailles marque officiellement la fin de la guerre. Il est signé dans la Galerie des Glaces de Versailles, l'endroit même où le second Reich avait été proclamé. L'Allemagne signe à contre-coeur ce texte qui avait été négocié sans elle. A l'ouest, l'Allemagne rétrocéde l'Alsace-Lorraine à la France, Eupen et Malmédy à la la Belgique, le Schleswig du Nord au Danemark. La Pologne est recréée sur une grande partie de la Posnanie allemande et des portions de la Haute-Silésie. L'Allemagne est séparée en deux entités territoriales disjointes par le corridor de Dantzig qui assure une ouverture à la mer à la jeune Pologne. En fin de compte, l'Allemagne se voit amputée de 13% de son territoire, plus de 43 000 km, et de plus d'un neuvième de sa population (entre 6,5 et 7,3 millions de personnes). Extraits résumés: Article 42 : Il est interdit à l'Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l'ouest d'une ligne tracée à 50 kilomètres à l'est de ce fleuve. Articles 80, 81, 87 : L'Allemagne reconnaît l'indépendance et les frontières de l'Autriche, de la Tchécoslovaquie et de la Pologne. Article 231 : Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l'Allemagne reconnaît que l'Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l'agression de l'Allemagne et de ses alliés. Article 232 : Les gouvernements alliés exigent (...) et l'Allemagne en prend l'engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile des alliés et à ses biens.